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ENTRETIEN AVEC MAMA KONE, DIRECTRICE ARTISTIQUE DE L’ATELIER ARTS FEMMES : « Arts Femmes est une grande opportunité pour les femmes »

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Initié en 2016 par l’Association Culturelle Côté Cour, l’atelier Arts Femmes ou encore Festival Arts Femmes est une rencontre internationale qui réunit chaque année au Mali des femmes de plusieurs pays d’Afrique autour de l’art (formation et création artistiques). La restitution de cet atelier est devenue grande opportunité pour les femmes du village de Deguela (hôte du festival) en termes d’autonomisation. Nous avons rencontré Mama Koné, fondatrice de l’Association Côté Cour pour en savoir plus sur cette rencontre internationale des femmes de culture. Mama est artiste comédienne, metteure en scène, formatrice et non moins la directrice et artistique de l’atelier Arts Femmes ou festival Arts Femmes.

Aujourd’hui-Mali : Bonjour, voulez-vous bien nous présenter l’atelier Arts Femmes ou le Festival Arts Femmes !

Mama Koné : L’atelier Arts Femmes est une rencontre internationale de femmes au cours de laquelle elles sont formées, entre autres, en scénographie, régie-lumière, dramaturgie et administration culturelle. La rencontre se passe chaque année à Bamako depuis 2016 et elle regroupe des jeunes femmes du Mali et de plusieurs autres pays d’Afrique comme le Burkina Faso, le Sénégal, la Cote d’Ivoire, Guinée, le bénin et le Togo.

Après cet atelier de formation et de création, nous nous donnons rendez-vous à Deguela dans le cercle pour le festival Kangaba pour le Festival Arts Femmes qui, en quelque sorte, est la restitution de l’atelier. L’atelier regroupe dix (10) jeunes femmes de Bamako et dix (10) jeunes femmes venant des autres pays cités plus haut. Arts Femmes est vraiment une rencontre internationale qui se bat pour la promotion de la femme à travers la culture.

 Comment vous est venue l’idée de la création de ce festival ?

Nous avons constaté que les femmes possèdent une créativité énorme, surtout en termes de culture. Elles ont juste besoin des opportunités pour se former afin de pouvoir s’en servir et d’être autonomes à travers leur métier. C’est vraiment une manière d’aider les femmes à s’épanouir et à être autonomes.  

Pourquoi le choix du village de Deguela pour le Festival ?

J’ai remarqué que nous faisons presque tout à Bamako or il y a des villes ou villages qui aimeraient bien bénéficier de certaines opportunités, notamment les femmes de ces localités. C’est pourquoi, nous avons décidé d’organiser le festival au village de Deguela dont le choix n’est pas fortuit non plus. L’association Coté Court travaille avec une coopérative de femmes de Deguela. Dans ce village, il y a de l’orpaillage, une activité à laquelle s’adonnent les femmes. Ce qui n’est pas convenant car ce travail comporte beaucoup de risques, notamment pour les femmes. Afin donc d’inciter les femmes à cesser l’orpaillage, il fallait leur trouver d’autres activités génératrices de revenus. C’est dans cette optique nous avons décidé d’organiser le festival dans ce village afin de les inciter à s’intéresser à d’autres métiers. C’est pour leur dire que la femme peut pratiquer beaucoup d’autres métiers avec moins de risques. Cependant, toutes ces femmes ne peuvent pas pratiquer les métiers liés à la culture. Comme alternative, nous les formons en couture, dans la confection du bogolan et dans la récupération qui consiste à faire du recyclage des anciens pneus en fauteuils. Sur le plan environnemental, nous formons ces femmes à recycler des bouteilles plastiques en poubelles.

 Aujourd’hui nous avons pu former plus de 30 femmes qui arrivent aujourd’hui à contribuer financièrement aux dépenses familiales et au développement socioéconomique de la localité.  

Quelles les difficultés rencontrées dans l’organisation de ce festival ?

Notre première grande difficulté, ce sont les moyens financiers parce que le festival n’est pas soutenu. C’est l’atelier qui a des partenaires qui l’accompagne. Pour le festival, nous faisons tout avec fonds propres. Les gens pensent que le festival est juste un évènement festif, mais non. Nous l’organisons afin d’aider les femmes de ce village à être autonomes. C’est le lieu  pour moi de remercier les partenaires qui nous accompagnent pour la bonne réussite de cette 3e édition à savoir le Fonds Africain pour la Culture (ACF), le Fonds pour le Développement de la Femme Africaine (AWDF), l’Institut Français du Mali, le Mouvement d’Extrémistes pour la Paix  (MEP) et la Fondation DOEN.

 Quelle sera la particularité de cette 3e édition ?

La particularité de la 3e édition, c’est que nous avons acheté deux machines de couture pour aider dix filles du village. La plus grande particularité de cette 3e édition, c’est que nous avons pu mobiliser quelques fonds avec un partenaire, Mouvement de la paix. Ce sont des Espagnoles que j’ai pu convaincre pour la construction d’un centre de formation pour les femmes du village. Le centre Mama Koné. C’est le nom qu’elles lui ont donné. Dans ce centre qui sera opérationnel cette année, on fera de la transformation de nos produits locaux, la fabrication de savon et bien d’autres.     

Quelles sont les ambitions du Festival Arts Femmes ?

Nos ambitions sont énormes, que ce soit avec l’atelier ou le festival. Nous voulons que ces activités arrivent à former plus de femmes et que ces femmes formées puissent elles aussi former d’autres femmes afin que l’automatisation de ces femmes soit vraiment une réalité. Nous voulons que, lors de ce festival, on ne voit que des femmes en régie lumière et en scénographie.  

         Réalisée par Youssouf KONE

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