PRéSIDENCE DE L’ADEMA : Adama Sangaré pressenti pour succéder à feu Marimantia Diarra

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Rappel utile : L’Adéma/PASJ a été fondée le 25 mai 1991 à la chute du général Moussa Traoré. Il est parvenu au pouvoir en 1992 jusqu’en 2002, et reste une des premières forces politiques du pays.

L’Adéma/PASJ a pour projet de construire au Mali un Etat républicain et démocrate, fondé sur l’économie de marché, respectueux des droits et libertés tels que définis dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme, la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples, la Constitution de la République du Mali et des valeurs fondamentales de la social-démocratie. Le parti est membre de l’Internationale socialiste. Sa devise est « Travail-Solidarité-Justice » et son symbole l’Abeille.

Au cours des trente dernières années, les présidents du parti ont eu à diriger le pays et à être président de l’Assemblée nationale du Mali. Le PASJ a toujours été parmi le peloton de tête au nombre des députés et des conseillers communaux depuis l’avènement de la démocratie.

Si nous rappelons les fondements, les valeurs et les forces de l’Adema, c’est pour dire que le parti doit être dirigé par un cadre qui a une forte personnalité, à l’image des présidents Alpha Oumar Konaré, feu Ibrahim Boubacar Kéita et Dioncounda Traoré qui ont été les trois premiers à diriger la ruche. Après, ce fut le tour de Tiémoko Sangaré, puis vint Marimantia Diarra, décédé le dimanche 23 juillet dernier.

Dès lors, se pose aujourd’hui l’incontournable problématique du futur président du parti.

A ce propos, des noms circulent au sein de la ruche ; mais celui d’Adama Sangaré revient en boucle comme pour constituer une unanimité autour du maire de Bamako. Mais, pas seulement cet allier politique. Au-delà, tout porte à croire qu’au niveau des ressources humaines du parti, Adama est celui qui offre le meilleur profil au double plan de la personnalité et du parcours.

L’enfant originaire de Dioïla a fait ses armes en politique aux côtés de feu Almamy Sylla (président du Rassemblement pour la Démocratie et le Progrès-RDP), candidat à la présidentielle en 1992.

Après, il rejoint l’Adéma/PASJ où il franchit tous les échelons (dont le poste de secrétaire à l’organisation du Comité Exécutif) jusqu’à son actuel poste de vice-président du CE du parti.

De 1998 à 2007, le secrétaire général de la section III Adéma/PASJ tient différents postes d’adjoint au maire de la Commune III du district de Bamako.

Plus précisément, il a été successivement 3e adjoint responsable de l’état-civil, 2e adjoint, puis chargé de l’état-civil, du recensement, des affaires administratives et juridiques à la mairie de la Commune III ainsi que président de la commission jumelage et coopération du district.

Outre ses charges politiques, Adama Sangaré a aussi été chargé des cours de travaux dirigés à l’Ecole nationale d’administration du Mali, représentant de l’AFRIDRA-ONG Paris à Bamako, avocat postulant à l’étude de Me Ousmane Dicko et inspecteur de sécurité sociale en service à la direction générale de l’INPS.

Adama Sangaré, aujourd’hui la cinquantaine largement enjambée, a fait des brillantes études au Mali où il obtient en 1990 une Maîtrise en Droit Privé à l’Ecole nationale d’administration (ENA) avant de décrocher en 2006 le prestigieux Master of Business Administration (MBA) de l’Ecole des sciences de la gestion (ESG), de l’Université du Québec à Montréal.

 Sur le plan associatif (et politique), il est activement engagé dans plusieurs structures dont : le Conseil appui à l’éducation à la base (CAEB), l’association Tombouctou Koïro Hinsa. Il est président d’honneur du Mouvement Dambé des jeunes du Badialan et, comme mentionné plus haut, il a été membre fondateur du Rassemblement pour la démocratie et le progrès (RDP) en avril 1991.

Pour reprendre le fil de son ascension politique, le 6 juillet 2007, à la suite du décès de Moussa Badoulaye Traoré, Adama Sangaré est élu maire du district de Bamako en obtenant 19 voix sur 27, ses deux adversaires, Yaya Maïga et Oumar Berthé, obtenant respectivement 6 et 2 voix.

Le 19 juin 2009, à la suite des élections communales, Adama Sangaré est réélu maire du district de Bamako à l’unanimité des 27 conseillers présents, devenant du coup le 3e maire élu du district de Bamako de l’ère démocratique.

Pour des raisons jugées strictement politiques, l’homme a fait au moins deux fois la prison.

En effet, en 2012, Adama Sangaré est incarcéré pour faux et usages de faux. Il est relaxé le 29 août 2013, soit deux semaines après la tenue de l’élection présidentielle. Il apparaît par la suite qu’il était un puissant soutien au candidat à la présidence Modibo Sidibé, et que cette incarcération avait pour but de briser les soutiens stratégiques du candidat Sidibé.

Son mandat de maire de Bamako expire en 2014, mais aucune élection municipale n’a été tenue depuis pour le remplacer à ce poste. Il se présente aux élections municipales de 2017 qui seront finalement avortées.

En 2018, il soutient la réélection du président Ibrahim Boubacar Kéita. En octobre 2019, il est placé à nouveau sous mandat de dépôt pour faux et infraction aux biens publics concernant un contrat d’éclairage public remontant à 2010 ; une arrestation qui s’inscrivait dans le cadre de l’opération mains propres lancée par le ministre de la justice, Malick Coulibaly. Il est remis en liberté provisoire le 22 mai 2020.

Une fois de plus, il apparaît que cette arrestation visait à le neutraliser pour le remplacer par Issa Guindo (ancien maire de la Commune IV du district de Bamako) à la tête de la mairie de Bamako. Malheureusement, il n’y a pas eu d’élection et Adama est toujours maire central de la capitale malienne. Dès son accession à la tête de la ville, il affirme avoir de grandes ambitions pour le district de Bamako qu’il souhaite projeter dans le 21è siècle.

Sur le plan international, la confiance de ses pairs lui a valu une présence dans les organes dirigeants de l’Association internationale des maires francophones (AIFM), de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) et de Metropolis. « Bamako, une cité accueillante où le bien-être des femmes et des hommes, qui y vivent ou y séjournent, est assuré. Une ville où tous les enfants pourront aller dans des écoles convenables pour recevoir une éducation qui assure leur avenir sans trop de hantise du chômage. Une ville où les soins de santé de base seront d’une bonne qualité et disponibles pour tous. Un Bamako propre reverdit avec très peu de pollution, où les espaces verts sont aménagés ou réhabilités pour servir d’aire de jeux, et de récréation. Bamako où les usagers de la route se déplacent plus à l’aise et avec plus de sécurité. Des quartiers dans lesquels les gens n’auront que les mauvais souvenirs des eaux usées nauséabondes. Une ville jouant pleinement son rôle de capitale du pays, modèle pour les autres villes du Mali et ouverte sur le monde en tant que carrefour des affaires, du sport, de l’art et de la culture. Ce beau rêve, est la vision qui anime Adama et fonde sa foi en l’action de proximité. Certes la situation actuelle de la ville est loin de cet état, mais la conviction est inébranlable chez lui : tout peut s’améliorer et le rêve peut bien se réaliser. Il travaille constamment, pas en oubliant la réalité du moment, mais plutôt en recherchant la meilleure situation de demain ». Telle est, selon un site animé par la mairie du district, la vision pour Bamako, d’Adama Sangaré.

Et cela explique son choix de vouloir rester à l’écoute et au service du citoyen quel qu’il soit et dans la proximité territoriale. Malgré la forte pression des charges d’administration municipale, il ne ménage ni son énergie, ni son temps, pour apporter des changements positifs au quotidien des Bamakois.El Hadj A.B.HAIDARA

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