La directrice générale des Opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde à la MAP : « La tenue des assemblées annuelles du FMI et de la Banque mondiale au Maroc est historique »

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À l’occasion des assemblées annuelles de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international (FMI), la directrice générale des Opérations de la Banque mondiale, Anna Bjerde a accordé une interview à la MAP. « Le Maroc est un leader dans la région à travers la mise en œuvre d’un projet de développement crucial pour sa population », a notamment indiqué la responsable de l’institution financière qui a relevé l’importance de la tenue dans le Royaume du conclave des décideurs financiers, à un moment où le monde fait face à tant de défis, en particulier sur le continent africain

e Maroc accueille les réunions annuelles BM-FMI, une première depuis 50 ans en Afrique. Les projecteurs sont particulièrement braqués sur le continent, qu’attendez-vous de ces réunions à Marrakech ?

Tout d’abord, je voudrais exprimer ma sincère gratitude au Maroc pour avoir accueilli les réunions annuelles cette année, mais aussi ma solidarité suite à la terrible catastrophe naturelle qui s’est produite il y a à peine un mois. A la Banque mondiale, nous sommes incroyablement touchés par la résilience du peuple marocain.

La tenue de ces assemblées au Maroc est vraiment historique à bien des égards. Nous n’avons pas eu de réunion sur le continent depuis cinquante ans, la dernière était au Kenya en 1973. En outre, elles se tiennent à un moment où le monde fait face à tant de défis, en particulier sur le continent, notamment avec la crise du Covid-19 et les conséquences de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Alors que le coût de la crise est réellement enduré par l’Afrique, c’est aussi au niveau de ce continent que les opportunités existent. C’est là où nous avons une population jeune, la possibilité de réaliser une transition énergétique et que peuvent se produire l’innovation, les investissements et une véritable transition vers un développement beaucoup plus durable. C’est tellement symbolique de l’avoir ici à bien des égards et nous espérons qu’il y aura beaucoup de très bonnes discussions qui en découlent et contribueront à amorcer une reprise de l’économie mondiale.

Quid du partenariat entre le Groupe de la Banque mondiale et le Maroc et comment vous envisagez l’avenir ?

Nous avons un partenariat de très longue date. Cette année marque 65 ans de partenariat. Nous nous sommes engagés ensemble dans de nombreux domaines importants. Le Maroc a été un leader dans la région dans la mise en œuvre d’un projet de développement crucial pour sa population.

Le Maroc a accru l’accès à l’électricité, mais aussi innové dans ses réformes, y compris par rapport au numérique, le secteur privé, la concurrence et l’énergie renouvelable.

Notre partenariat est aussi bien diversifié. Le Maroc se démarque par sa démarche ascendante, étant à l’écoute des communautés et des municipalités des zones rurales pour répondre à leurs propres priorités de développement et d’investissements. La Banque mondiale a été un partenaire vraiment privilégié pour aider le Maroc à réfléchir et à mettre en œuvre de tels projets.

Le nouveau président de la Banque mondiale a promis une nouvelle « vision de l’inclusion ». Que pouvez-vous nous dire de sa feuille de route notamment pour ce qui est de l’Afrique ?

Notre président, en poste depuis juin, a incité beaucoup de réflexion stratégique et d’énergie et a écouté de nombreuses parties prenantes avant d’arriver à la Banque mondiale.

 Il nous a aidé à définir une vision plus ambitieuse pour notre travail qui est de mettre fin à la pauvreté sur une planète vivable.

Ainsi, l’élimination de la pauvreté est au cœur du travail de la Banque mondiale et une planète vivable signifie que nous devons le faire d’une manière qui prend en compte notre environnement, notre climat, notre développement durable et, comme vous l’avez mentionné, l’inclusion.

Dans le processus de mise en œuvre de notre nouvelle vision, il veille à ce que nous accordions une attention particulière aux femmes et aux jeunes parce que les femmes représentent 50% de la population mondiale et sont un élément essentiel de la croissance économique et de la prospérité économique aujourd’hui et pour les générations futures. En outre, les jeunes sont les agents de changement du futur. Nous avons une population croissante dans le monde et nous devons nous assurer que nous répondons également à leurs aspirations. Il s’agit d’un nouveau mandat, avec plus d’ambition et d’inclusion.

Le changement climatique fera-t-il également partie des priorités étant donné l’impact des risques climatiques partout dans le monde ?

Pour que cette planète soit vivable, nous devons tenir compte de notre climat, de l’inclusion, et faire face aux fragilités. Malheureusement, le monde soufre de beaucoup de fragilités. Aussi, nous devons développer notre résilience. Nous avons également des problèmes de défis transfrontaliers comme la pandémie que nous avons connue il y a quelques années, et nous sommes appelés à construire des systèmes de santé résilients et travailler ensemble pour prévenir les pandémies à l’avenir.

L’Afrique aura-t-elle une voix plus forte dans les institutions financières ?

Les réunions de cette semaine sont très symboliques. Il est si important d’avoir l’inclusion et que chacun puisse s’exprimer. Je suis vraiment heureuse qu’il y ait autant de leadership venant de la région, y compris au Maroc, sur des questions telles que le climat et la durabilité, et nous devons être ici pour discuter, écouter et élaborer de nouvelles solutions, ce qui est en effet sur quoi nous travaillons.

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