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DIRECTION NATIONALE DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT : Le triptyque compétence-diligence-loyauté ne plait pas à tout le monde

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Ancien inspecteur des domaines et des affaires foncières et ex-directeur national adjoint des domaines et du cadastre, Amadou Doumbia, promu depuis environ 9 mois directeur national de l’urbanisme et de l’habitat, est en train de mener un changement en profondeur dans la gestion de ce service. Dotation en moyens humains et matériels, réchauffement du dossier de la Politique nationale des villes, visite à ses propres frais aux directions régionales, visite surprise dans certaines structures relevant de sa direction, diligence dans le traitement des dossiers, assistance économique et sociale aux agents… sont autant d’actions à l’actif de cet ingénieur des constructions civiles.

Tout changement en profondeur dans une boite qui ne fait pas face à des résistances est voué à l’échec », dit un adage. Cette assertion convient à la situation de la direction nationale de l’urbanisme et l’habitat où l’ordre et la rigueur qu’imposent désormais le directeur national, Amadou Doumbia, ne seraient pas de l’avis d’une poignée d’agents qui sont à la recherche de poux permanemment sur la tête de leur patron.

Or, il se trouve que l’homme, qui a gravi tous les échelons pour avoir été chef de bureau des domaines de Kéniéba, directeur régional des domaines et du cadastre de Gao et de Mopti, directeur national adjoint des domaines, inspecteur à l’Inspection des domaines et des affaires foncières avant d’être nommé à la tête de l’urbanisme et de l’habitat, connait ce milieu comme le fond de sa poche.  Ainsi, dès sa prise de fonction, il a pris langue avec les travailleurs et les prestataires pour créer un climat de confiance. « Après sa nomination à ce service, il a reçu tout le monde ici dans son bureau, à commencer par les chauffeurs, les cadres et mêmes ceux qui nettoient les locaux n’ont pas été oubliés. Une manière pour lui de recenser leurs besoins et d’avoir un cadre d’échange pour créer un climat de confiance et d’apporter des solutions aux problèmes soulevés », témoigne un responsable syndical.

Il ajoute que leur patron a pris son bâton de pèlerin en se rendant à ses propres frais dans plusieurs directions régionales et certains bureaux de l’intérieur du pays pour s’enquérir des conditions de travail. Des agents des régions, assure-t-il, ont révélé que depuis 1985, ils n’avaient pas reçu la visite d’un responsable de l’urbanisme de ce rang. Autre particularité de Doumbia, selon un autre agent, c’est sa disponibilité à être au service du personnel pour les affaires sociales.

Il a informatisé le service courrier de par sa relation avec le service des domaines et doté ses structures de moyens matériels qui étaient en souffrance dans le magasin, ajoute le chef du matériel.

La Brigade de contrôle du service est réputée aujourd’hui de par la tenue et la méthodologie d’établissement des procès-verbaux (PV) d’infractions qui ont été améliorées à partir d’un atelier d’échange entre le personnel de l’urbanisme et les procureurs et présidents des tribunaux. Un atelier initié par ce directeur.

A son arrivée, Amadou Doumbia a tenu aussi à rendre visite à tous les malades DNUH et saluer les autorités coutumières et religieuses de Darsalam. Une première dans l’histoire de la direction nationale de l’urbanisme et de l’habitat. « Doumbia marque physiquement sa présence, mais aussi matériellement à travers des contributions dans toutes les activités sociales du service, sans exception. Sur le plan professionnel, il ne se prive pas de descendre sur le terrain avec nous pour des visites de chantier », relève un membre de l’équipe de la Brigade de contrôle.

Selon cet interlocuteur, le réchauffement du dossier de la Politique nationale de la ville, l’opérationnalisation des directions régionales avec la nomination des directeurs dans les nouvelles régions créées, le mouvement des agents qui occupaient éternellement le même poste (5 ans, 7 ans et 10 ans de service), le respect du genre dans les nominations (pour la première fois, une directrice régionale est nommée au niveau de l’urbanisme et de l’habitat)  sont des actions positives à l’actif de l’actuel directeur national.

S’y ajoutent la revitalisation de la Brigade de contrôle de l’urbanisme et de l’habitat, la dotation du personnel en moyens humains et matériels, la diligence des autorisations de construire, la lutte contre les spéculations foncières et les constructions illicites.

Un autre agent de confier que, pour la première fois, le service a reçu un appui du service des domaines en prime annuelle d’un montant de 5 millions F CFA. Une somme qui serait plus élevée que celle des autres structures bénéficiaires.

D’ailleurs, c’est la clé de répartition de ce montant qui semble faire des mécontents dans la boite car, nous dit-on, le directeur Doumbia aurait demandé non seulement d’intéresser des directeurs régionaux, contrairement à ce que disent certains qui voulaient que le montant aille dans la poche d’une poignée d’individus.

Par ailleurs, des agents avaient aussi distillé l’information selon laquelle la prime reçue avoisinait les 30 à 40 millions F CFA et ne croyaient pas à la version officielle. Il a fallu que le directeur fasse ventiler le courrier confidentiel pour mettre fin à ce débat.

Approché par nos soins, le directeur national qui est au bureau tous les jours vers 6 h du matin, sauf cas de force majeure, s’est refusé à tout commentaire, se bornant à nous signifier qu’il est à ce poste pour servir le pays avec des principes d’équité, de rigueur et non pour se servir. Il n’a pas manqué d’ajouter qu’il agit et fonctionne sous les directives de son ministre qui lui a instruit : compétence, diligence et loyauté.                       Kassoum THERA

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