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AROUNA NIANG MINISTRE DE L’INDUSTRIE, DU COMMERCE ET DE LAPROMOTION DES INVESTISSEMENTS à L’OUVERTURE DE L’AG DE L’OPI : « Un pays ne peut pas s’industrialiser s’il n’a pas des leaders industriels capables de mobiliser des financements… « 

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Avant de procéder à l’ouverture des travaux de l’Assemblée générale, Arouna Niang, le ministre de l’Industrie, du Commerce et de la Promotion des investissements, a tenu à parler franchement aux industriels, les patrons du Mali, pour partager avec eux sa vision sur l’industrie.

Le ministre Niang l’a rappelé : l’industrie est sans doute la clé du développement et un pays développé est un pays industrialisé. Mais, a-t-il regretté, un regard rétrospectif sur l’industrie au Mali montre qu’il y a beaucoup de problèmes. Pour lui, les industriels et l’Etat devront convenir ensemble d’une stratégie d’industrialisation qui les organise et les oriente vers des objectifs communs. Ce qui fait encore défaut. « Il faut une symphonie, il faut que chacun puisse jouer son rôle, apporter la note, mais sans détruire l’harmonie de la musique. Cela est un besoin au niveau du secteur industriel. Dans ce cadre, il y a deux stratégies : substitution d’importation, valorisation des produits locaux. La plupart des pays font le mixte des deux stratégies. Où se situent les industriels dans les deux cadres ? Je vous invite à une réflexion. Je reste convaincu qu’il y a beaucoup de domaines, beaucoup de filières où il y a  beaucoup d’avantages et de compétitivité, mais qui ne sont pas valorisés », a-t-il dit.

Dans le cadre de la stratégie de filière, le ministre a fait savoir qu’il y a une meilleure insertion entre l’industrie et l’agriculture. Par exemple, a-t-il dit, le secteur agro-industriel peut être une locomotive pour le secteur agricole. « Lorsqu’il y a une unité industrielle quelque part, des débouchées sont assurées pour la matière première. Et lorsqu’un paysan est sûr que son produit est acheté, cela peut être la meilleure incitation pour lui. L’industriel a besoin d’avoir le secteur financier avec lui. Les industriels ont besoin d’avoir le secteur financier avec eux. Un pays ne peut pas s’industrialiser s’il n’a pas des leaders industriels capables de mobiliser des financements et de réaliser des investissements en lieu et place de l’Etat ou souvent pour compléter l’effort de l’Etat. Nous sommes en train de travailler pour renforcer ce genre de partenariat. Le Mali a besoin des industriels associés à des financiers et qui sont capables des montages financiers pour des gros projets. Cela demande un vrai leadership au niveau des industriels. Si les industriels et l’Etat se donnaient la main, ils pourraient relever le défi », a-t-il expliqué.

Il a souligné que l’agro-industrie a besoin de l’accompagnement de la recherche appliquée. Mais, a-t-il regretté, en regardant l’écosystème malien, chaque industriel travaille de façon isolée. « Combien d’industriels au Mali essaient de créer une complémentarité, une synergie ? Nous devons réfléchir sur de pareilles questions. L’industrie pense qu’elle est industrie. Le secteur commercial pense qu’il est secteur commercial. Mais est-ce que l’une peut aller sans l’autre ? Quel est l’industriel qui peut se développer sans le secteur commercial ? Et quel est le secteur commercial qui peut se développer de manière endogène sans l’industrie, sans faire une attention aux productions nationales ? Il est temps de renforcer le dialogue non seulement entre l’Etat et le secteur privé, mais aussi entre les privés. Lorsque les privés commenceront à se rendre compte qu’ensemble, en se donnant la main, ils peuvent réussir et qu’aucun ne peut réussir individuellement, alors, on aura de grandes victoires par rapport aux défis que nous avons à relever. Je suis convaincu que les Maliens peuvent faire des miracles. Et ce miracle est attendu », a-t-il préconisé.

Pour réussir ce miracle, il a proposé de mettre la priorité sur l’industrie agro-alimentaire où il y a des filières qui ont des bases solides comme la filière gomme arabique qui a un avantage concurrentiel certain. Il a regretté le fait que la matière brute est exportée. Il a proposé de transformer cette matière brute et d’exporter le produit fini. La 2ème filière de l’agro-alimentaire qui a la côte est la mangue car le Mali est un champion dans la production des mangues qui a beaucoup d’opportunités, mais avec peu de transformation.

La 3e filière qu’il a citée est la viande rouge. Il s’est interrogé : pourquoi le bétail est exporté sur pied alors qu’il peut être transformé ? Il a dit qu’il y a des potentialités dans le domaine du bétail. Il a aussi parlé du karité dans lequel le Mali a un avantage concurrentiel très significatif.

Il a fait savoir que les industriels peuvent s’investir dans chacune de ces filières avec un impact significatif pour le monde rural. Ce qui peut créer des revenus au niveau du monde rural et continuer à développer une classe moyenne qui est la demande intérieure. Et la demande intérieure est le moteur de l’industrialisation et l’industrie de manufacture.

Après l’agro-industrie, il a mentionné le secteur minier qui a une caractéristique extravertie où tout est importé et tout est exporté. Il a suggéré de changer cela en préparant les industriels maliens à être des sous-traitants du secteur minier. Ce qui sera gagnant-gagnant pour l’industrie minière et des industriels maliens. Il a fait savoir que l’Etat ambitionne de créer une bourse de sous-traitance pour permettre de voir les possibilités que les Maliens peuvent offrir au secteur minier. Il a cité les filières agro-industrie et les mines comme les leviers de la future industrialisation du Mali.

« Chaque gramme d’or qui sort du Mali doit avoir un contenu local pour accroître la part des Maliens. Ce qui permettra un enracinement des unités industrielles avec le développement de l’écosystème et la création d’une synergie entre les unités industrielles. Ce qui nécessite une organisation des industriels autour des filières pour leur compétitivité. L’horizon n’est plus le marché national. Aucun industriel ne doit plus penser au marché national. Les industriels doivent parler du marché sous régional, du marché africain et du marché mondial. Il faut favoriser la demande intérieure et la demande extérieure. Ce sont ces deux demandes qui tirent la croissance et développent le pays », a-t-il dit.

Il a beaucoup insisté sur le renforcement de l’appui à la gouvernance d’entreprise qui est importante dans un monde concurrentiel. Pour cela, il a proposé des dirigeants d’entreprise bien éclairés qui prennent de bonnes décisions. Il a conseillé que les entreprises familiales acceptent qu’un tiers de leurs administrateurs soit composé de professionnels. Ce qui sera un grand pas dans le développement des entreprises.    

  Siaka DOUMBIA

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