PROMOTION DE L’ENTREPRENARIAT NATIONAL, CREATION D’EMPLOI  ET FORMATION PROFESSIONNELLE AU MALI : Le ministère et le CNPM signent un cadre de partenariat

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La nouvelle ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré, a rendu, le 4 août 2023, une visite de courtoisie au Conseil national du Patronat du Mali (CNPM) présidé par Mossadek Bally. A l’issue de cette visite, les deux responsables ont signé un protocole d’accord pour la promotion de l’entreprenariat national, la création d’emploi et la formation professionnelle au Mali.

vant de procéder à la signature du document, la ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré a tenu à saluer le secteur privé pour sa résilience en ces moments particuliers pour notre pays et qui est un partenaire incontournable pour le département dans la réalisation de ses trois principales missions fixées par le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta et le Premier ministre,Dr. Choguel Kokalla Maïga, à savoir, la promotion de l’entreprenariat national ; le soutien à la création d’emploi et la formation professionnelle. « C’est pourquoi, je tiens à vous remercier pour votre engagement personnel à nos côtés pour la réussite de notre mission. Ce remerciement s’adresse également à l’ensemble des membres du bureau du Conseil National du Patronat du Mali », a-t-elle dit. Mme la ministre a rappelé que depuis les réformes structurelles des années 1980, le Gouvernement du Mali a décidé de faire du secteur privé le moteur du développement économique du pays. « Par ce choix, le secteur privé est devenu l’interlocuteur privilégié du Gouvernement pour les questions de développement économique, de création de richesses et d’emplois décents pour les Maliennes et les Maliens. Concernant ces derniers points, force est de constater que le chômage et la pauvreté continuent de sévir dans notre pays malgré les efforts et sacrifices consentis par vous les acteurs du secteur privé et le Gouvernement. En effet, selon les données du rapport national sur l’emploi auprès des ménages produit par l’Observatoire national de l’Emploi et de la Formation à partir des données de l’EMOP 2020, le taux combiné du chômage et du sous-emploi des jeunes (hommes et femmes) âgés de 15 à 24 ans (soit 49,8 % de la population en âge de travailler) était estimé à 17,2% contre une moyenne nationale de 14,3 %. Ce taux était de 16,6% pour les jeunes âgés de 25 à 35 ans pour la même période.

Le rapport a aussi montré qu’une bonne proportion de ces jeunes (31% de la tranche d’âge 15-24 ans contre 32,1% de la tranche d’âge 15-35 ans) n’était ni en éducation, ni en emploi, ni en formation professionnelle. La persistance du phénomène de chômage et du sous-emploi a plusieurs causes dont la résolution nécessite des efforts supplémentaires du Gouvernement et de l’ensemble de ses partenaires dans le cadre d’un véritable partenariat. Pour notre part, il s’agira, en partenariat avec vous les acteurs du secteur privé, de promouvoir le développement de l’entreprenariat en général et de l’entreprenariat des jeunes et femmes en particulier, de soutenir la création d’emplois décents dans les secteurs prioritaires de notre économie et de contribuer au développement d’un capital humain de qualité et en quantité en vue d’accompagner l’émergence de notre pays », a-t-elle signalé.

Selon Madame la ministre, la création d’emplois décents passe par la capacité du département et du secteur privé à créer de la valeur ajoutée à nos productions dans les secteurs prioritaires de notre économie. Pour cela, la valorisation des chaînes de valeur à tous les niveaux s’impose. « Et pour atteindre cet objectif, il est primordial qu’ensemble, nous soutenions les entreprises existantes mais surtout la création et le développement de nouvelles entreprises dans les secteurs prioritaires », a-t-elle préconisé.

La ministre a fait remarquer que la formation professionnelle constitue un moyen efficace de transmettre les connaissances et compétences nécessaires à l’emploi et à l’entrepreneuriat dans le monde actuel. Elle a rappelé que dans le cadre du  renforcement du dialogue et la collaboration entre son département et le Patronat, ils avaient organisé  les 15, 16 et 17 mai 2023, un atelier conjoint au cours duquel ils avaient convenu que la mise en œuvre effective des recommandations et des résolutions issues des travaux dudit atelier, s’effectue dans un cadre partenarial formel. D’où cette cérémonie de signature de partenariat qui consacre la mise en place effective de ce cadre. Elle a dévoilé que ce partenariat prévoit que les deux structures travaillent sur les questions liées à la problématique de l’inadéquation entre l’emploi et la formation, au partenariat public privé en matière d’emploi et de formation professionnelle, à la gouvernance du sous-secteur de l’emploi et de la Formation Professionnelle et à son financement. Elle a espéré que ce cadre fonctionnera de façon dynamique et pragmatique pour que le département et le Patronat puissent atteindre ensemble des résultats concrets qui favoriseront le développement du secteur privé et la création d’emplois au Mali.

Auparavant, le Président du Conseil national du Patronat du Mali (CNPM), Mossadek  Bally, s’était dit honoré d’accueillir la nouvelle ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Mme Bagayoko Aminata Traoré, au siège du CNPM. « Madame la ministre, votre présence parmi nous est le témoignage éloquent de l’importance que vous accordez au secteur privé, ainsi que de votre engagement en faveur du développement économique et social du Mali. Je voudrais avant tout propos, vous féliciter au nom de l’ensemble du secteur privé malien et à mon nom propre pour votre nomination à la tête du département de l’Entreprenariat National de l’Emploi et de la Formation Professionnelle », a-t-il dit.  Il a fait savoir au ministre que les défis auxquels ils font face aujourd’hui en matière d’emploi et de formation sont immenses. Ainsi, il a dit que l’économie malienne est extravertie et les Maliens transforment moins leurs matières premières. Ensuite, il a fait noter que la situation globale des emplois montre que le secteur secondaire, notamment la branche d’activité de fabrication ou de transformation n’employait que 6,5 %, 7 % et 7,2 % respectivement en 2020, 2021 et 2022. Il a évoqué le taux de chômage élevé des jeunes. Ainsi, il a révélé que chaque année, 300 000 jeunes demandeurs arrivent sur le marché de l’emploi. « Chaque année, seulement 50 000 emplois sont créés, et plus de 250 000 jeunes restent sans aucune perspective, et viennent grossir le rang des chômeurs », a-t-il déploré. Il a mis l’accent sur l’inadéquation formation-emploi, qui n’est pas un phénomène nouveau dans notre pays. « Déjà, en 1988, lors des tous premiers états généraux organisés par le gouvernement sur l’emploi, la question était au centre des débats. Depuis lors, une multitude d’études et d’enquêtes menées aussi bien par les pouvoirs publics que par d’autres intervenants ont régulièrement confirmé la persistance de ce phénomène qui est un véritable paradoxe. Plus de 30 ans, que le taux de chômage augmente d’année en année, particulièrement chez les jeunes, alors qu’au même moment des secteurs économiques recherchent désespérément des qualifications, dont ils ont réellement besoin », a-t-il rappelé. Comme autre préoccupation du Patronat, Moussadek Bally a parlé de la gouvernance des centres de formation publics et les structures publiques en charge de l’emploi et de la formation. Il a cité aussi l’insuffisance des ressources humaines qualifiées et les avancées technologiques rapides qui rendent obsolètes certaines compétences et en crée de nouvelles. « Il est donc essentiel de développer des mécanismes d’apprentissage continu pour s’adapter aux changements technologiques. C’est pourquoi, le secteur privé à travers le CNPM, a entrepris quelques initiatives, parmi lesquelles : la mise en place d’un projet pilote avec les quatre Universités publiques de Bamako, afin de rapprocher les établissements de l’Enseignement supérieur du monde des entreprises, en accueillant plus d’une centaine de stagiaires au sein des entreprises. Plusieurs de ces stages ont abouti à des emplois ; l’organisation d’un atelier avec le ministère de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, sur « l’adéquation formation-emploi, et le partenariat Public-Privé dans la formation professionnelle », qui s’est tenu du 15 au 17 Mai 2023 au CNPM ; l’organisation d’un webinaire sur la thématique « Formations et marché du travail » le 27 juillet. Le boss du Patronat malien a fait savoir au ministre que le nouveau Bureau dont il a la charge a, dans sa vision, retenu cinq axes stratégiques de travail, parmi lesquels la place des ressources humaines est centrale.                                   Kassoum Théra

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