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LA NOUVELLE DIRECTION GENERALE DES DOUANES FACE AUX DEFIS DES RECETTES: Promouvoir les compétences en dehors de toute autre considération !

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Plus qu’un secret de polichinelle, c’est devenu comme une tradition établie à la direction générale des douanes : le directeur entrant ou en exercice fait quasiment toujours mieux que son prédécesseur. En tout cas, de Seydou Diawara à Mahamet Doucara, en passant par Cheick Kéita, Amadou Togola, Modibo Maïga, Moumouni Dembélé, Modibo Kane Kéita, Aly Coulibaly, tous sont parvenus, tant bien que mal, à atteindre les objectifs de recettes fixés par les plus hautes autorités. Nommé il y a dix jours à la tête des douanes maliennes, Amadou Konaté ne devrait pas manquer à cette règle. Pour ce faire, la recette est unique et universelle : mettre en avant la compétence dans le choix de ses hommes de premier rang à la tête des bureaux principaux et/ou stratégiques ; dans le tri des gabelous de second rang au sein des bureaux secondaires et aussi dans le placement des « ouvriers » entre ces structures et le terrain.

Pour réussir, il faudra bannir la promotion des recommandés d’en-haut, des affidés ou hommes de main, des amis et parents ainsi que la chasse aux sorcières. Point d’autre miracle ! L’Inspecteur de classe exceptionnelle Amadou Konaté doit impérativement avoir les mains libres pour choisir les collaborateurs qu’il lui faut en toute connaissance et conscience de leurs compétences. C’est à ce prix et seulement à ce prix seulement qu’il entrera au Panthéon des gabelous en chef qui ont fait le Mali et qui font partie désormais de la mémoire collective.

Nommé directeur général des douanes à la faveur du conseil des ministres du mercredi 25 août 2021, Amadou Konaté répond parfaitement à l’aspiration des plus hautes autorités maliennes en ce qui est attendu de ses services : tirer les recettes toujours vers le haut et encore plus haut.

Sans doute, l’Inspecteur de classe exceptionnelle doit être conscient des paramètres du défi à relever comme rehausser le niveau des performances déjà imprimées par son prédécesseur en termes de mobilisation des recettes douanières.

A ce propos, malgré l’impact de l’insécurité qui paralyse presque les 2/3 du territoire national, les multiples grèves syndicales et autres cessations de travail, la pandémie à coronavirus, le renversement du régime du président Ibrahim Boubacar Kéita, l’embargo imposé par la Cédéao et l’arrêt des financements par les partenaires, etc. les objectifs de recettes 2020 de la direction générale des douanes, fixés à 567 milliards FCFA ont été atteints et dépassés à hauteur de 102,17 %, avec un recouvrement de 579 milliards 295,7 millions de FCFA.

Mieux, en cette année 2021, l’embellie se poursuit malgré la persistance du difficile contexte sociopolitique. Sur des prévisions de recettes fixées à 656,250 milliards FCFA (dont 175,000 milliards FCFA au titre des importations de produits pétroliers et 481,250 milliards FCFA au titre des marchandises solides), un montant de 321,055 milliards de F CFA a été recouvré au 30 juin 2021, soit un taux de réalisation de 48,93 %.

Pour être plus complet, plus de 1800 milliards de F CFA ont été mobilisés pour le Trésor public du Mali entre novembre 2018 et juillet 2021. Ce bref rappel trouve tout son sens dans une double évidence.

Ne pas se tromper de cibles

Primo, Amadou Konaté est un acteur majeur de cette immense performance de l’équipe Doucara en sa qualité de directeur sortant des recettes, de la planification et des programmes de vérifications.

Secundo, le tout nouveau directeur général des douanes prendra bientôt fonction et sera vite amené à procéder à d’importants changements et des nominations aux postes clés de l’administration douanière. Le but étant de rendre plus efficace la gestion au niveau de l’administration afin de renflouer les caisses de l’Etat dans un contexte de plus en plus difficile, voire hostile à sortir de l’argent.

Et, c’est justement sur ce terrain que l’inspecteur Konaté est le plus attendu et sera suivi de très près. S’il réussit un véritable melting-pot entre les anciens, les émergents et les jeunes loups aux dents longues, il aura fait la quasi-totalité du chemin.

En réalité, dans les services d’assiette et de recouvrement, et à la douane plus qu’ailleurs, il est courant que le nouveau patron vienne avec ses hommes au niveau de toute la chaîne de nominations. Mais, il est tout aussi vérifié et constant que ceux qui réussissent dans leur mission sont ceux qui mettent en avant le critère de la compétence.

Ce critère commande, tout d’abord, le maintien à leur poste des cadres méritants qui n’ont jamais failli à l’atteinte de leurs objectifs de recettes mensuels et qui impactent même positivement sur les prévisions de recettes d’autres collègues et sur l’ensemble du travail collégial. Ils sont à la tête de bureaux stratégiques qui supportent à eux seuls une bonne partie des rentrées. Dans l’équipe actuelle, des exemples types existent. Cependant, l’administration étant une continuité avec son corollaire de mutations et d’affectations, il faudra penser à les placer impérativement à la tête de bureaux à haute connotation de recettes et non au garage.

Le critère de compétence renvoie, ensuite, à la nomination de ses hommes de confiance qui ont fait leurs preuves. Le challenge qui s’offre aux nouveaux promus les dope à persévérer pour mieux convaincre et honorer la confiance en eux placée par le chef.

Justement, c’est dans ce cadre précis qu’en décembre 2018, le colonel Amadou Konaté, alors directeur de l’administration, des ressources humaines, des finances et du matériel, a été promu directeur des recettes, de la planification et des programmes de vérifications.

Sa compétence et ses preuves à ce poste lui valent aujourd’hui la fonction suprême au niveau des douanes, celle de directeur général. Là aussi, sa vision clairvoyante doit prévaloir et il a suffisamment d’expérience pour ne pas se tromper de cibles et opérer des choix gagnants. Ni plus, ni moins.

Enfin, la compétence fait appel au recours à des soldats de terrain dévoués, engagés, déterminés et prêts à tous les sacrifices pour booster l’économie, sauver des vies en matière de santé et donc participer à l’atteinte des objectifs assignés. Tout va de ces ouvriers et tout finit par eux. Il s’agira, à ce niveau, d’instaurer une vraie motivation et de récompenser le mérite.

Le chemin le plus court de l’échec

Pour opérer tout ce qui précède et donc espérer réussir sa mission, le nouveau directeur général doit avoir les mains libres vis-à-vis des plus hautes autorités, notamment de son ministère de tutelle. Ensuite, Amadou Konaté lui-même doit se départir de toute pression sociale et professionnelle afin d’éviter de s’entourer d’amis, de parents et proches, d’alliés, d’affidés, etc.

Et, surtout, le nouveau directeur général des douanes doit éviter, coûte que coûte, les règlements de comptes et la chasse aux sorcières. C’est le chemin le plus court pour échouer.

Est-il important de ressortir le constat que dès qu’un nouveau directeur général prend fonction, il secoue très souvent les services ci-après, soit en maintenant leur titulaire, soit en procédant à des permutations ou en nommant de nouveaux chefs : le Bureau de contrôle interne ; la direction de l’administration, des ressources humaines, des finances et du matériel ; la direction de la réglementation, du contentieux et des relations internationales ; la direction des recettes, de la planification et des programmes de vérifications ; la direction du renseignement et des enquêtes douanières ; le Bureau des régimes économiques ; le Bureau du contrôle du transit ; le Bureau des produits pétroliers ; le Guichet unique pour le dédouanement des véhicules à Bamako ; le Bureau des Maliens de l’extérieur et des exonérations douanières ; la direction régionale des douanes de Kayes ; les directions régionales des douanes du district de Bamako, de Sikasso, de Ségou et de Mopti (désormais il y a Bougouni et Koutiala) ; le Bureau principal des douanes de Faladié ; le Bureau principal des douanes de Bamako-Fer ; le Bureau principal des douanes de l’Aéroport international-Président Modibo Kéita Bamako-Sénou, le Bureau secondaire des douanes de Diboli.

L’Inspecteur de classe exceptionnelle Amadou Konaté est conseillé. A lui de s’assumer !                El Hadj A.B. HAIDARA

AMADOU KONATé, NOUVEAU DIRECTEUR GéNéRAL DES DOUANES :

Un homme du sérail aux commandes !

Le lieutenant-colonel Amadou Konaté (inspecteur des douanes de classe exceptionnelle) est le nouveau directeur général des douanes. Il a été nommé le 25 août dernier à l’issue du conseil des ministres pour remplacer à ce poste l’Inspecteur Général Mahamet Doucara. Le lieutenant-colonel Amadou Konaté prend les rênes de l’administration douanière à un moment où des réformes de modernisation sont engagées dans différents domaines. L’homme a une riche carrière derrière lui. Il s’agira donc, pour lui, de maintenir le cap, surtout pour la mobilisation des recettes pour le Trésor public.  Son parcours !

iplômé en maîtrise de l’Ecole nationale d’administration (spécialité gestion), Amadou Konaté est admis en 1987 au concours d’intégration à la fonction publique au compte du corps des inspecteurs de douanes. L’année suivante, il fait sa formation militaire au Service national des jeunes (SNJ) avant d’entamer une longue carrière en douanes avec différents séminaires sur la valeur en douane (DVB) et le contentieux douanier. Entre 1992 et 2018, il a participé à plusieurs stages et formations, notamment en France et en Chine sur les stupéfiants, les règles d’origine, l’analyse du risque, le ciblage dans la lutte contre la fraude, la gestion axée sur le résultat (Gar) ainsi que la gestion de la Zone de développement économique pour les pays africains francophones. Il s’est également familiarisé avec l’intelligence économique organisée par l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Paris et l’optimisation de la gestion des ressources humaines dans les administrations fiscales organisée par le Fonds monétaire international (FMI) à Casablanca (Maroc). Il a participé au congrès international annuel des directeurs des ressources humaines à Paris du 10 au 18 septembre 2018 et au 8e atelier des gestionnaires de formation et de ressources humaines des administrations douanières de la région AOC-OMD du 24 au 26 septembre 2018, à Lomé (Togo).

 La direction des recettes, de la planification et des programmes de vérifications, depuis décembre 2018, est le dernier poste occupé par Amadou Konaté avant d’être nommé à la tête des douanes. Ce poste lui a permis d’accroître ses capacités, notamment dans la conduite des différentes réformes engagées au sein du service des douanes depuis près d’une décennie. Parmi ces réformes majeures, figure en bonne place le Projet de réappropriation de la fonction d’évaluation en douane auquel il a donné un vigoureux coup d’accélérateur.  En 2017, il a occupé la fonction stratégique de directeur de l’administration des ressources humaines, des finances et du matériel.

A ce titre, il a présidé l’équipe-projet de modernisation de la gestion prévisionnelle des effectifs, des emplois et des compétences (GPEEC). Avant, il fut directeur régional des douanes de Kayes, après avoir occupé la même responsabilité à Ségou en 2014. Homme du sérail, le tout nouveau patron des douanes a longtemps été responsable de division, bureaux, brigades commerciales, notamment à Bamako, Kayes, Ségou, Koutiala, Sikasso et Koury.

Nanti de toutes ces expériences, Amadou Konaté, pendant qu’il était sous-directeur adjoint de l’administration générale, a apporté sa contribution en qualité de membre des commissions ou comités de pilotage de la direction générale des douanes sur la relecture des textes organiques de la direction des douanes et des directions régionales, suite aux recommandations des missions d’audit. Il a également travaillé à la relecture des textes statutaires ainsi que le plan de carrière de l’agent des douanes et à la révision des textes ayant abouti à l’adoption d’un code d’éthique et de déontologie de l’agent des douanes. Avec d’autres cadres, il a travaillé à l’adoption et la mise en œuvre du plan stratégique 2011-2015 de la direction générale des douanes et des plans d’action opérationnels et à la relecture des projets de décret et d’arrêté portant répartition du produit des amendes et confiscation, pénalités, frais de poursuites et primes sur les recettes ainsi qu’à l’adoption des textes sur le mécanisme de gestion des moyens logistiques. 

Pour accroître ses compétences dans la mise en œuvre des instruments de l’Organisation mondiale des douanes, Amadou Konaté s’est intéressé respectivement à l’Accord sur la facilitation des échanges de l’OMC au niveau de la direction générale des douanes (exposé lors de la Conférence des donateurs à Lomé sur la mesure de facilitation liée aux courtiers en douane-article 10.6 de l’AFE) ; à la bonne maîtrise des instruments de l’OMD liés à la facilitation des échanges (CKR, cadre des normes SAFE, manuel de Transit et directives de l’OMD sur le transit) et aux instruments de négociation de la direction générale des douanes avec le Fonds monétaire international (FMI). Toutes ces valeurs ont fait de l’inspecteur de classe exceptionnelle, Amadou Konaté, le choix idéal pour poursuivre les chantiers de la modernisation de l’administration des douanes.   El Hadj A.B. HAIDARA

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