AMADOU TOGOLA, PRéSIDENT DE LA FéDéRATION MALIENNE DE TENNIS : « Nous souhaitons mettre en place un tennis attractif pour l’ensemble des acteurs »

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Dans une interview exclusive qu’il a bien voulu nous accorder, l’ancien directeur général des douanes et tout nouveau président de la Fédération malienne de tennis, Amadou Togola, nous parle de son élection à la tête de l’instance dirigeante du tennis malien, les défis majeurs qu’il compte relever durant son mandat et comment il compte faire pour consolider les acquis et rehausser davantage l’image du tennis malien. 

ujourd’hui-Mali : Vous êtes élu président de la Fédération malienne de tennis au mois de décembre dernier. Comment s’est déroulée cette élection ?

Amadou Togola : Vous savez, les élections sont souvent l’occasion de déchirure dans certaines fédérations sportives. Et ces déchirures entraînent souvent la paralysie de l’activité de ces fédérations. Vous comprenez, depuis l’indépendance jusqu’à maintenant, au niveau du tennis, le passage du relais a toujours été fait dans des conditions très simple, dans le respect, dans la loyauté et dans l’amour du tennis. D’ailleurs, nous nous en réjouissons beaucoup. Si nous regardons l’histoire du tennis malien, je dois être le quatrième ou le cinquième président et cela montre qu’il y a une grande stabilité au sein de cette discipline.

Le dernier changement intervenu au niveau des ligues régionales et au niveau de la Fédération n’a pas dérogé à cette règle. Nous avons soigneusement préparé le passage du témoigne qui s’est heureusement très bien passé. Les ligues régionales de tennis ont été renouvelées aux mois d’octobre et novembre 2021 et le nouveau bureau fédéral a été mis en place en décembre, dans de très bonnes conditions de respect mutuel et de courtoisie.

De façon générale, comment jugez-vous l’état actuel du tennis malien ?

Les avis sont mitigés. Nous ne pouvons pas dire exactement que le tennis se porte bien au Mali parce qu’aujourd’hui nous n’avons un grand joueur de tennis comme Rafaël Nadal, Nicolas Djokovic ou Roger Federer. De ce fait, par rapport à mon ambition, je ne peux pas dire que le tennis se porte bien au Mali. Mais, dans tous les cas de figure, si vous n’avez pas ces grands joueurs que je viens de citer, cela ne veut pas dire que vous ne travaillez.

D’une façon générale, je ressens au niveau du sport une sorte d’ingratitude parce que lorsque vous allez en finale et que vous perdez, les gens vont rarement parler de vous. Ils oublient tout ce que vous avez fait auparavant. C’est pour dire que tant que vous n’êtes pas le vainqueur, vous n’êtes pas retenu dans l’histoire. Aujourd’hui, c’est vrai que nous n’avons pas le résultat que nous souhaitons depuis toutes ces années, mais nous nous battons au quotidien pour honorer le tennis malien aux niveaux sous-régional et africain. 

 Quels sont les défis majeurs que vous comptez relever durant le mandat ?

Les défis que nous comptons relever sont nombreux. Le premier, c’est de maintenir la stabilité autour de cette discipline. Cela est extrêmement important pour nous. Cette stabilité fait partie de nos valeurs que nous devons préserver. Et nous allons travailler durant ce mandat à ce que cette stabilité soit maintenue.

Par rapport au deuxième défi, nous avons une grande vision pour le tennis malien. Cette vision consiste à faire en sorte que le tennis soit pratiqué par le plus grand nombre de personnes, c’est-à-dire de jeunes garçons et filles du Mali. Cela est notre premier objectif que la discipline soit prospère à travers tout le pays.

Pour le troisième défi, nous souhaitons mettre en place un tennis attractif pour l’ensemble des acteurs, que cela soit les pratiquants, les encadreurs, les partenaires et même les autorités sportives. Le dernier défi, c’est de parvenir à sortir de la discipline des joueurs d’élite. Cela est extrêmement important pour le nouveau bureau fédéral.

      Que comptez-vous faire pour consolider les acquis et rehausser davantage l’image du tennis malien ?

Pour cela, nous sommes en train de mettre en place un nouveau programme de développement du tennis dont le premier draft est disponible. Ce programme de développement prend en compte notre vision, il est structuré autour d’un certain nombre d’axes. Vous savez, le défi majeur du tennis est la question d’infrastructures. Aujourd’hui, si nous faisons un état de lieux des infrastructures, nous trouverons qu’il y a très peu de cours de tennis au Mali.

En plus de cela, les cours que nous avons sont très dégradés. C’est le véritable challenge que nous comptons relever en prenant toutes les initiatives afin de trouver une solution idoine à ce problème d’infrastructures.

Le deuxième axe de ce programme est basé sur la formation. Vous savez, la formation est à la base de tout progrès. Ce n’est pas seulement au niveau du sport, mais dans toutes les activités humaines. Si nous voulons avoir des résultats encourageants, il faut que nous nous formions. De ce fait, nous allons prendre des initiatives pour que la formation des acteurs soit au centre de nos activités.

Pour y arriver, nous sommes en train de réfléchir à mettre en place une académie de tennis, introduire le tennis à l’école et faire en sorte que le tennis soit pratiqué au niveau des clubs, des centres et des ligues. Aujourd’hui, nous devons nous réjouir que le tennis ait une expansion énorme au niveau des régions. Vous avez constaté que souvent le champion du Mali vient des régions. C’est réconfortant. Au-delà de cela, nous allons nous investir également pour la recherche des sponsors pour financer la discipline.

Je crois que la question de financement des activités est une question centrale. À ce niveau-là, nous allons mettre en place des commissions pour pouvoir travailler sur cette dimension qui est extrêmement importante. De ce point de vue, nous prendrons également toutes les initiatives afin d’avoir le maximum et de faire face à nos besoins de financement.   

 Quelles sont les difficultés auxquelles la Fédération malienne de tennis est confrontée aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les difficultés majeures auxquelles nous sommes confrontés sont d’ordre financier. Vous savez, dans d’autres disciplines comme le football par exemple, il y a des recettes qui sont générées par l’activité. Malheureusement, tel n’est pas le cas chez nous parce que le niveau du tennis n’a pas aussi grandi au Mali. C’est pour cela que nous avons ce problème de ressource de financement des activités qui est une problématique majeure. Nous allons tout faire pour résoudre cela.

La deuxième difficulté est l’absence d’infrastructures viables aux normes internationales. Aujourd’hui, il y a des compétitions internationales que nous ne pouvons pas organiser au Mali parce que les infrastructures ne suivent pas. Cependant, nous avons des acquis extrêmement importants, c’est la stabilité et l’amour du tennis dont je vous ai parlé. Je crois que ce sont des vertus que nous allons sauvegarder au fil des années.   

Si vous avez un message à lancer au monde du tennis. Lequel serait-il ?

Je crois que c’est un message d’espoir. Il ne faut jamais désespérer. C’est vrai que les difficultés sont là, aujourd’hui, mais l’amour que nous avons au niveau du tennis, je crois que cet amour nous permettra de vaincre toutes les difficultés. Je suis convaincu de cela et je suis très optimiste.

  Réalisé par Mahamadou TRAORE

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