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Le president du niger, Issoufou Mahamadou face a la presse

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L’un des temps forts de la visite officielle du président de la République du Niger, Issoufou Mahamadou, à Bamako, a été le point de presse qu’il a animé avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, au Palais de Koulouba, en présence du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Tiébilé Dramé, et son homologue du Niger, Kalla Ankourao, et de quelques journalistes maliens et nigériens.

 

  • «Nous constatons avec regret qu’il y a des mouvements signataires de l’Accord pour la paix qui ont une position ambigüe»

 

  • «Cette ambigüité doit s’arrêter. Soit vous êtes avec l’Accord soit vous êtes avec les terroristes»

 

A la question de notre confrère de l’Ortm: «Lors de votre dernière sortie médiatique qui a été très commentée à Bamako, vous disiez que la situation actuelle de Kidal constitue une menace pour le Niger. Peut-on savoir pourquoi vous avez dit cela ? Vous avez pris beaucoup de décisions ici à Bamako pour faire face au terrorisme, est-ce que vous avez les moyens financiers pour faire face à ce fléau ?»

Le président Issoufou Mahamadou de répondre : «Je vous remercie de cette question, mais avant de répondre, permettez-moi de remercier mon frère, le président Ibrahim Boubacar Kéïta pour l’excellent accueil. Un accueil amical, fraternel qui nous a été réservé à moi et toute ma délégation. C’est toujours un plaisir pour moi de venir au Mali où je compte beaucoup d’amis et camarades parmi lesquels le président IBK que je connais depuis de longue date, depuis 1991, avec lequel nous avons des contacts permanents. Aussi, le Mali est un pays avec qui le Niger a toujours eu d’excellentes relations, nos peuples sont très proches.

La visite que je rends à mon frère Ibrahim Boubacar Kéïta est d’autant plus importante que nous faisons face à des préoccupations pressentes de sécurité. Vous connaissez les menaces auxquelles nos deux pays sont confrontés depuis plusieurs années maintenant et au-delà de nos pays. Le Sahel est confronté aux menaces des organisations terroristes, de trafic de drogue, de bandits et même des menaces de conflits intercommunautaires qui peuvent déstabiliser nos Etats. Pour faire face à ces menaces, compte tenu que la sécurité est un bien public mondial, nous agissons à plusieurs niveaux».

Il ajoute : «La communauté internationale, notamment les Nations-Unis, s’intéressent au combat que nous menons dans le Sahel. Sur le plan régional, la Cedeao s’intéresse aussi à notre combat. Il est même prévu un Sommet extraordinaire de la Cedeao à Ouagadougou au Burkina Faso.

En dessous de la Cedeao, nous avons le G5 Sahel. Tous les Etats du G5 ont mutualisé leurs capacités militaires pour lutter contre ce phénomène avec la force conjointe qui a été mise en place par les cinq pays. Aussi, nous essayons d’agir au niveau bilatéral et au niveau national.

Ma visite a permis d’échanger avec mes frères sur les réponses bilatérales qu’on peut apporter à cette situation sécuritaire. Nous avons 800 kilomètres de frontières communes. Les terroristes attaquent tantôt au Mali, tantôt au Niger, donc nous avons jugé nécessaire de mutualiser nos capacités pour y faire face.

Par rapport à Kidal, j’ai effectivement eu à dire que Kidal est une menace pour la sécurité intérieure du Niger. Je le confirme. Mais en plus nous constatons avec beaucoup de regrets qu’il y a des mouvements signataires des accords pour la paix d’Alger qui ont une position ambigüe. Il y a des mouvements signataires de l’accord d’Alger qui sont en connivence avec les terroristes. Nous ne pouvons plus admettre cela, surtout que cela a des conséquences sur notre sécurité. Il y a eu des attaques contre le Niger avec la complicité de ces mouvements. Il y a eu des soldats nigériens qui ont perdu la vie dans ces attaques. Dans un premier temps, nous avons perdu 18 soldats et dans une autre attaque nous en avons perdu 28 et nous avons les preuves sur la complicité de ces mouvements terroristes. Alors, je pense que cela doit être dit. Le Niger condamne ces comportements et cette ambiguïté dans laquelle se trouvent ces mouvements doit s’arrêter. Soit vous êtes avec les accords pour la paix soit vous êtes avec les terroristes. Il faut qu’ils déterminent leur position».

Lors de son séjour de 24 heures à Bamako, le président Issoufou Mahamadou et son frère Ibrahim Boubacar Kéïta ont échangé sur différents sujets, notamment sécuritaires, comme le déclare le président Issoufou Mahamadou : «Lors de la présente visite, nous avons parlé d’autres questions parce que vous savez que les solutions des questions sécuritaires ne sont pas que militaires. Une solution en moyen et long terme, c’est aussi le développement économique et social. Nous avons donc discuté des solutions à mettre en place pour le développement des zones frontalières qui sont sous la menace des organisations terroristes et criminelles et nous avons en particulier insisté sur la nécessité d’accélérer la mise en place des projets qui ont été conçus dans le cadre du Plan d’Investissements Prioritaires (PIP) du G5 Sahel qui concerne les zones frontalières. Que ce soit sur le plan de la mise en place des infrastructures de communication, des routes, entre autres. Mais également en ce qui concerne le renforcement de la résilience de la population ainsi que le développement humain, notamment la santé, l’éducation, l’accès à l’eau pour les populations».

Cette visite, selon le chef d’Etat nigérien : « a été une occasion de faire le tour complet des problèmes auxquels nous allons continuer à nous attaquer ensemble. Au niveau bilatéral, nous continueront bien sûr à agir pour apporter des solutions aux préoccupations qui sont aujourd’hui celles du peuple malien et du peuple nigérien».

A la question de notre consœur de la radio Mikado-Fm : «La force du G5 Sahel est très critiquée aujourd’hui, on lui reproche de ne pas être efficace sur le terrain. Peut-on savoir quel est l’impact de cette force conjointe sur le terrain ? Quel est l’état du financement du G5 Sahel avec la contribution extérieure ? Et est-ce que vous envisagez un élargissement comme l’a promis le président Macron il y a quelques semaines ?», le président du Niger, Issoufou Mahamadou, a été très clair : «La force conjointe du G5 Sahel est repartie en plusieurs fuseaux. Le fuseau Est au niveau de la frontière entre le Niger et le Tchad, le fuseau centre qui concerne trois frontières. Les frontières maliennes, nigériennes et burkinabés et le fuseau Ouest entre la Mauritanie et le Mali. Je pense que la force conjointe progresse. C’est vrai que les gens sont impatients. Les gens oublient que la lutte contre le terrorisme est une lutte très difficile. Aujourd’hui, on nous demande d’en finir avec le terrorisme en quelques semaines. La force conjointe est en place, elle est en train de monter en puissance. C’est vrai que cette force a besoin d’équipements. Nous partenaires nous ont fait des annonces par rapport à cela parce que nous avons eu une conférence au mois de février 2018 à Bruxelles pour le lever des fonds nécessaires pour l’équipement de la force conjointe. Des promesses ont été faites.  Ce que je peux dire, c’est que l’opérationnalisation et la montée en puissance de la force conjointe sont en cours».

Pour conclure ses propos, le président Issoufou Mahamadou précise : «Nous ne nous contentons pas d’agir seulement à ce niveau-là. Nous agissons aussi au niveau national et bilatéral. En ce qui concerne le niveau national, je voudrais saluer les efforts du président Ibrahim Boubacar Kéïta qu’il est en train de faire au Mali pour renforcer les Institutions du pays. Ce qui est une solution dans ce combat. Pour venir à bout du terrorisme, il faut qu’on ait des Institutions fortes et je constate que le président IBK, depuis qu’il est aux affaires, est en train de faire des efforts colossaux afin de restaurer l’Etat.

Progressivement, l’Etat malien est en train d’être restauré et je salue le dialogue politique inclusif qui est amorcé et qui permettra de renforcer la réconciliation entre Maliens, de renforcer les Institutions. Ce qui est un élément essentiel pour face au terrorisme».

Prenant la parole, le président de la République, Ibrahim Boubacar Kéïta, était visiblement très heureux des propos de son frère Issoufou Mahamadou : «Je partage tout ce que mon frère a dit avec brio sur le G5 Sahel ainsi que toutes menaces que nous connaissons aujourd’hui. Je n’ai vraiment pas grand-chose à ajouter à ce qu’il a dit. Je pense que l’impatience de certains est très mal venue. Le G5 Sahel est une organisation de mutualisation des efforts d’Etats sahéliens dans les conditions que l’on sait. Nous y faisons face autant que nous le pouvons et cela nous coûte cher au niveau budgétaire» dira-t-il.

El Hadj A.B. Haidara 

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