LE PRÉSIDENT DU CONSEIL SUPERIEUR DE LA DIASPORA MALIENNE (CSDM) MOHAMED CHÉRIF HAÏDARA : « Nous avons demandé que notre département soit dénommé ministère de l’Immigration et de Migration »

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Formation du nouveau gouvernement, la mise en œuvre des recommandations du Dialogue national inclusif, la configuration de la nouvelle Assemblée nationale sont autant de sujets sur lesquels nous nous sommes entretenus avec le président du Conseil supérieur de la diaspora malienne (Csdm) Mohamed Cherif Haïdara.

Aujourd’hui-Mali : Comme il est de tradition, après les élections législatives on procède à la formation d’un nouveau gouvernement. En tant que président dConseil supérieur de la diaspora, est-ce que vous avez des attentes particulières à l’endroit des plus hautes autorités par rapport à l’attelage gouvernemental ?

Mohamed Cherif Haïdara : Je vous rappelle que nous avons été, au Csdm, les tous premiers à répondre à la main tendue qui a abouti à l’Accord politique de gouvernance, lequel nous a conduit au Dialogue national inclusif. Vous savez, en tant qu’acteurs de la société civile, nous avons participé activement à ces assises du début jusqu’à la fin. Le Csdm a aussi organisé des concertations dans plus de 24 pays.  Ce sont 4 axes des recommandations issues de ces travaux qui doivent être appliqués à court terme, parmi lesquelles, la rentrée parlementaire, au plus tard le 2 mai. Ce qui est aujourd’hui une réalité, après ces élections, selon notre Constitution, un nouveau gouvernement doit être mis en place. A cet égard, ce que nous voulons rappeler, c’est d’inviter le président de la République à la mise en œuvre effective des recommandations du DNI. De même, comme il a été dit, avec ou sans coronavirus, nous irons aux élections car étant une recommandation du Dni. Nous espérons que le président de la République sera aussi ferme quant à la mise en œuvre des autres recommandations. J’insiste parce que lors des travaux du dialogue, il a été recommandé que le nombre de ministre post élections législatives ne dépasse pas 25 membres, que les secrétaires généraux des départements ministériels restent inchangés.  En ce qui concerne notre département, appelé ministère des Maliens de l’Extérieur, nous avons, après le dialogue, adressé un courrier aux plus hautes autorités pour que ce département change de nom car il n’y a pas de Maliens de l’extérieur, mais plutôt des Maliens établis à l’extérieur. A cet effet, l’appellation doit changer. Nous avons demandé à ce qu’il soit dénommé ministère de l’Immigration et de Migration. Deuxièmement, nous avons demandé à ce que le ministère soit un département de souveraineté nationale pour comporter en son sein un volet relatif à l’intégration africaine, la société civile. Tout cela peut être mis dans ce seul département.

Comme vous venez de l’évoquer, vous avez pris part activement aux travaux du Dni. Quelles appréciations faites-vous de la mise en œuvre des différentes recommandations ?

La seule recommandation effective, c’est l’organisation des élections législatives. Il avait été demandé de mettre sur place une équipe diligente pour veiller sur le respect strict de ces recommandations. La société civile a écrit au Premier ministre pour lui faire part que cette équipe n’est pas encore effective. Aussi, dans les recommandations, il y a le référendum, le dialogue avec Iyad et Kouffa. Et ce dialogue avec ceux-ci a été notre position depuis la Conférence d’entente nationale en 2017. Parce que, pour nous, ce sont des Maliens, les autres sont en train de négocier avec les leurs. Pourquoi pas nous ?

Actualité oblige ! Quel regard portez-vous sur la nouvelle Assemblée nationale ?

Honnêtement, c’est une Assemblée bizarre. Il n’y a pas d’élection parfaite, mais il faut admettre qu’il y a des candidats qui ont vu leurs voix volées. Nous avons l’impression que ces députés ont été nommés. Le Csdm même a soutenu une quinzaine de députés lors de ce scrutin, avant qu’on ait nos propres députés. Car l’une des résolutions du Dni, c’est de faire en sorte que les Maliens établis à l’extérieur soient représentés à l’Assemblée nationale et cela ne peut être aussi possible sans le référendum qui sera voté à l’Assemblée nationale pour augmenter le nombre de députés. D’ailleurs, il nous a été dit que cela sera effectif avant fin 2020.

Votre mot de la fin ?

C’est de dire que nous devons faire avec ce que nous avons. Nous avons une situation très différente de tout ce que le Mali a connu depuis l’indépendance. Nous sommes un pays qui existe sur des principes étatiques avec l’appartenance à la communauté internationale. Donc nous sommes obligés d’avoir une Assemblée nationale. Quant à la légitimité de cette Assemblée, elle est constatée par le citoyen lui-même car il y a des députés dans ce parlement qui sont recherchés par une juridiction internationale, il y a plusieurs localités au nord du pays où il n’y a pas eu de vote, ils n’ont fait que remplir les fiches pour certains candidats. Quand nous avons une Assemblée d’une telle nature, il faut privilégier l’aspect de ce que les autres pensent de nous pour notre existence, à savoir nos partenaires de l’extérieur. A cet égard, il faut que nos partenaires continuent à nous soutenir pour parachever la révision constitutionnelle et d’autres réformes. En tout cas, nous allons nous contenter de l’Assemblée, même si, pour moi, elle ne pourra pas jouer le rôle du contrôle de l’action gouvernementale, compte tenu du fait que la plupart de ces élus ne reflètent pas la volonté du peuple. C’est le constat du Csdm.   

Réalisée par Kassoum Théra

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