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BOUBOU SANGHO, CEO ET FONDATEUR DE « BOUBOU LAIT » : « Boubou Lait est une unité de transformation et de conservation de lait frais local en d’autres sous-produits »

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Dans une interview qu’il a bien voulu nous accorder, Boubou Sangho, CEO et Fondateur de la start-up « Boubou Lait » exprime ses motivations pour la création de son entreprise, les différents produits laitiers qu’il a mis sur le marché, les difficultés rencontrées lors de la création et la mise en œuvre de son entreprise, avant de lancer un message à l’endroit des jeunes qui veulent rejoindre les milieux de l’entrepreneuriat.

Aujourd’hui-Mali : Parlez-nous de l’entreprise « Boubou Lait » ?

Boubou Sangho: Créée en novembre 2017, la start-up « Boubou Lait » est une unité de transformation de lait frais local en d’autres sous-produits comme le lait frais pasteurisé, le lait caillé, le yaourt, le beurre, le fromage et le ghee (sirimé) en langue locale.

Qu’est-ce qui vous a motivé à lancer « Boubou Lait » ?

L’entreprise « Boubou Lait » est née d’une remarque constante que j’ai faite étant originaire du cercle de Djenné, notamment que les producteurs disposent de beaucoup de lait qu’ils ont du mal à écouler ou conserver pendant une longue période. Donc, je me suis mis à chercher une solution qui pourra aider ces éleveurs. C’est là que l’idée de « Boubou Lait » est née. 

 Aujourd’hui, nous avons plusieurs entreprises de transformation de lait. Alors, quelle est la particularité de « Boubou Lait » ?

La particularité de  » Boubou Lait  » est que, primo, tous nos produits sont 100% naturels, c’est-à-dire qu’ils sont faits à base du lait frais local. Donc, que cela soit le lait frais pasteurisé, le lait caillé, le yaourt, le fromage et le ghee, tout est fait avec du lait naturel. Secundo, les consommateurs savent d’où proviennent les produits qu’ils consomment. Nos fournisseurs sont des coopératives d’éleveurs qui nous approvisionnent chaque en lait frais. Tertio, une fois que les produits arrivent, ils suivent toute une série de tests afin de nous assurer de leur qualité. Enfin, les produits « Boubou Lait » sont emboîtés dans des bidons hygiéniques et tout est bien conditionné pour pouvoir être livré aux consommateurs.

    De son lancement à nos jours, votre start-up a-t-elle rencontré le succès attendu ?

Aujourd’hui, dans notre base de données clientèle, nous avons une dizaine de grandes surfaces, c’est-à-dire les supermarchés de la ville de Bamako où nous distribuons nos différents produits. En même temps aussi, nous fournissons une vingtaine d’alimentations-service de petite surface. Nous avons également une cinquantaine de clients auxquels nous livrons à domicile parce que nous avons mis en place un système d’abonnement mensuel et de livraison pour les clients qui désirent se faire livrer à la maison. Tout cela montre que les clients aiment nos produits, nos services et tout ce que nous faisons. Aujourd’hui, je peux dire que ces personnes constituent notre succès.  Avec ce succès, « Boubou Lait » a été élu meilleure start-up d’Afrique catégorie Agriculture lors de l’African Start-up Forum en novembre 2017 à Abidjan en Côte d’Ivoire. Après le Programme Mandela Washington Fellowship en 2018, « Boubou Lait » a été aussi sélectionnée comme l’une des meilleures start-ups qui a de la potentialité et de l’avenir par la Banque mondiale et le Pnud au Mali. Nous avons également été sélectionnés par le Programme Tony Elumelu Fondation TEF en 2019. C’est un programme qui accompagne les jeunes entrepreneurs et met à leur disposition un financement. Récemment, nous avons été sélectionnés pour le Programme du Sommet Afrique-France qui devait avoir lieu à Bordeaux en France.

 Avez-vous rencontré des difficultés lors de la mise en œuvre de « Boubou Lait » ? Si oui, lesquelles ?

Au début, les difficultés que j’ai rencontrées étaient d’aspect technique. J’avais eu à suivre beaucoup de programmes et de formations sur l’entreprenariat, c’est-à-dire comment manager une entreprise, mais c’était l’aspect technique qui me manquait beaucoup. Donc, il fallait que je sorte pour aller chercher des spécialistes dans le domaine afin de pouvoir bénéficier de leurs conseils et accompagnements. Pour cela, j’ai pris pas mal de temps avant d’avoir les personnes qui ont vraiment cette compétence pour m’accompagner dans la fabrication du fromage, du yaourt, etc. En plus de cela, j’ai eu des difficultés au niveau du financement. Comme vous le savez, il est très difficile d’avoir de financement auprès des banques pour lancer votre activité sans une garantie. Pour terminer, j’ai eu énormément de difficultés pour mettre en place une équipe pour la production, c’est-à-dire des spécialistes en la matière. Donc, il fallait que nous formions les jeunes que nous avons recrutés pour pouvoir les outiller dans des compétences de transformation et de conservation du lait.

Comment envisagez-vous le développement du secteur laitier au Mali dans les prochaines années ?

Étant à Bamako, nous sommes en train de tout mettre en œuvre pour bien organiser le secteur. Actuellement, le secteur est un peu désorganisé parce que nous avons seulement quelques localités à Bamako où nous avons des coopératives d’éleveurs. Donc, nous travaillons afin que chaque localité du Mali puisse avoir des coopératives d’éleveurs, mais également de mettre en place des centres de collecte et de distribution du lait. Ces centres vont nous permettre d’avoir du lait frais en temps réel.

Aux États-Unis, nous travaillons avec mon Université pour permettre aux Maliens de se tourner vers le consommer local parce que nous avons une très grande production annuelle de lait. Une fois que le secteur est bien organisé, nous voulons que chaque producteur et chaque éleveur vivent de cette activité.

Avez-vous un message pour les jeunes qui hésitent peut-être à lancer leur propre entreprise ?

Le message que j’ai à l’endroit des jeunes Maliens, c’est surtout de leur dire de commencer avec leur idée de projet parce qu’il n’est jamais trop tard pour commencer, de croire à leur idée et de commencer avec les moyens de bord.

Aujourd’hui, nous avons la chance d’avoir énormément de secteurs ici au Mali qui sont pleins de potentialité. Nous avons également beaucoup de secteurs vierges. Donc, c’est une chance pour nous au Mali, contrairement à beaucoup d’autres pays où tout est occupé. En plus de cela, je leur dis de croire à leur idée, d’aimer ce qu’ils font, d’être persévérants dans leur projet. Nous avons aussi cette chance d’avoir énormément de programmes qui encouragent et soutiennent l’entreprenariat au Mali. Je suis sûr qu’ensemble nous pourrons changer notre pays qui est le Mali.   

Réalisé par Mahamadou TRAORE      

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