INPS : Un Etat dans l’Etat !

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L’Institut national de prévoyance sociale (INPS) serait-il au-dessus de la loi, voire un Etat dans l’Etat au Mali ? Certains le croient et n’hésitent pas à confirmer qu’ici, charbonnier est maître chez soi et n’agit qu’à sa guise.

Cette question continue de tarauder bien des esprits depuis que le conseil d’administration de l’Institut a refusé de mettre en pratique des recommandations concernant le salaire du directeur général et des membres du staff qui se taperaient des dizaines de millions de F CFA par mois alors que les voyants ne sont pas forcément au vert au sein de l’établissement chargé de la gestion des pensions de retraites d’une catégorie de Maliens.

Les révélations de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (Oclei), il y a plus d’un an, concernant le salaire du directeur général de l’INPS, qui frôlerait les 54 millions de F CFA par mois, avaient jeté l’émoi au sein de la population malienne, en particulier les usagers de l’Institut. Il semble que le conseil d’administration n’a pas daigné lever le petit doigt contre la pratique. Bien au contraire. Il a justifié cela par une décision souveraine des administrateurs de l’INPS.

C’est pourquoi, des parachutes dorés ont été offerts à des cadres de l’INPS admis à faire valoir leurs droits à une pension de retraite à coup de centaines de millions, voire un milliard de F CFA. Au même moment, de bien maigres montants de pensions de retraite sont toujours réservés à ceux qui ont cotisé des années durant, qui ont sué sang et eau pour la survie du mécanisme. Vous avez dit injustice sociale ?

La même pratique a toujours cours ? Tout porte à le croire puisque le train de vie de l’élite de l’Institut n’a visiblement pas changé, le conseil d’administration ayant fermé les yeux sur la révélation que les trois principaux dirigeants précédents de l’INPS s’étaient impunément réservé 1,9 milliard de F CFA de rémunération mensuelle.

Question : est-ce que l’actuel directeur général, Ousmane Karim Coulibaly, lui aussi empoche chaque mois ce salaire faramineux de millions de F CFA ? Mystère et boule de gomme puisque le sujet semble tabou en République du Mali où l’on ne cesse cependant de parler de refondation, de transparence, d’équité, de justice sociale et d’égalité de chance pour tous. Ces slogans sont malheureusement contredits par la gestion calamiteuse en vigueur à l’Institut national de prévoyance sociale (INPS) où des travailleurs se la coulent douce dans un Mali qui se débat dans toutes sortes de difficultés financières.

Au demeurant, dans quel autre pays au monde, un directeur général d’un service public peut, avec son salaire, payer les rémunérations mensuelles du Premier ministre et de plusieurs chefs d’institutions de la République réunis ? Il n’en existe assurément pas !

Bref, il y a anguille sous roche s’agissant du traitement salarial des dirigeants de l’Institut où un coup de pied dans la fourmilière s’avère d’une grande obligation pour la Transition en cours qui demeure, somme toute, l’ultime occasion de survie et de redressement de notre Etat, toujours à la dérive.    Autre affaire à suivre…   El Hadj A.B.HAIDARA

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