ESPACE D’INTERPELLATION DéMOCRATIQUE (EID) : Bourdala, village martyr

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Des produits chimiques très nocifs et souvent mortels pour les hommes et pour le bétail sont utilisés par les orpailleurs dans le village de Bourdala, situé dans le cercle de Kéniéba. Ils détruisent également la qualité des terres qui ne sont plus cultivables. Niakasso Sissoko, le chef de ce village a interpellé les autorités lors de la 25e édition de l’Espace d’interpellation démocratique sur la situation afin de prendre des mesures urgentes pour sauver des vies humaines et celles des animaux dans la localité de Dialafara.

iakasso Sissoko, le chef de village de Bourdala disait dans son interprétation ceci : « A l’occasion d’une mission du service de l’environnement dans mon village à Bourdala, ces agents m’ont informé que les machines cracheuses, installées aux abords du marigot, auront des conséquences néfastes sur les personnes, animaux et dégradent nos terres agricoles ainsi que d’autres villages où ledit marigot traverse. Ils utilisent des produits chimiques nocifs, dangereux, mortels pour les personnes et les animaux et dégradent nos terres agricoles. Nous avons constaté la mort de beaucoup d’animaux après avoir consommé l’eau à proximité de ces machines. C’est ainsi que j’ai décidé d’organiser une assemblée générale avec mes conseillers du village, les chefs ou représentants des familles et les doyens du village, le 17 février 2021, à l’issue de laquelle on a décidé de déplacer les machines cracheuses au bord du marigot de Bourdala. Aussitôt, on a saisi la mairie pour notifier aux propriétaires des machines cracheuses de déguerpir. Nous avons décidé d’aménager un autre espace loin des cours d’eau où il y aura moins de conséquences sur les personnes et les animaux. C’est ainsi qu’en fin février, nous avons réalisé un forage afin qu’ils puissent libérer le bord dudit marigot. Avec la complicité de certaines populations et autorités, les propriétaires des machines cracheuses ont complètement refusé de se déplacer et ils m’ont même menacé de mort. J’ai déposé plainte au Tribunal de grande instance de Kéniéba depuis mars 2021 qui n’a toujours pas donné de suite. Pour rappel, avant l’installation des premiers habitants de Bourdala, cette mare était fréquentée par des canards sauvages, d’où le nom Bourdala qui signifie la mare de canard. Il est à environ 145 kilomètres de Kayes et à 97 km de Kéniéba.

Au niveau de Bourdala, il y a deux ponts dont un à la sortie du village côté Kayes et l’autre côté Kéniéba. Les machines cracheuses sont installés aux abords de ces ponts et les passages des eaux de pluies sont obstrués par les résidus des traitements provenant des machines, donc en cas de forte pluie, le village est inondé ».                                                     Propos recueillis par Marie Dembélé

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